08 avril 2008
Une punition, 4
Elle se fait pressante, provocatrice, insistante ... Une langue de cuir totalement indécente qui joue le long de mon sexe, dont la pression est suffisamment forte pour sensibiliser mon clitoris qui n'attendait que cela. Ce contact me trouble au-delà de toute raison, mon sexe est sur le point de céder; mais si je serre les dents, si je mords ma lèvre, ce n'est pas parce que le plaisir est déjà sur le point de m'emporter ...
Malgré mes précautions, je gémis, surprise par la rapidité du geste, par la marque cinglante qui zèbre désormais mes fesses ... Mon coeur s'est emballé, mon corps réagit aussi fort à la douleur qu'à l'excitation. Mon esprit s'enfonce dans ces plaisirs déraisonnables qui me font perdre à chaque fois la raison !
"Comptez, sans défaillir ..."
Je balbutie ...
"un ..."
Le deuxième coup s'abbat aussi prestement, nettement moins fort, un peu plus haut que le précédent.
"Deux ..."
Le troisième coup vient avec un peu de retard, et c'est la langue de cuir qui vient lécher ma fesse gauche, tout près du petit orifice qu'il ne vise sûrement pas sans raison ... Mon excitation gagne en intensité.
"Trois !"
La cravache fend les airs dans un sifflement annonciateur de sévérité, et je reçois le coups en gémissant malgré moi. Une chaleur vive et intense marque ma peau; je n'ai que le temps de reprendre mon souffle ... La langue de cuir vient alors frapper plus modestement mon intimité; attisant un feu qui couve depuis déjà de longues minutes ..
"Qu ... Quatre ..."
La languette vient à nouveau s'abbatre sur mes fesses, mes doigts se crispent sur les accoudoirs. Mon sexe s'ouvre, je devine aisément le sang qui afflue, gorgeant mes lèvres, achevant de me drapper d'une indécence absolue.
"Je ne vous entends plus compter ...."
"Je n'en ai plus la force ... je veux ..."
"Vous ... voulez ? Quelle insolence !"
Le coup qui s'abbat m'arrache un cri; je me câbre, je me tends ... La douleur est vive, mon excitation à son comble ...
"C'est à moi, de vouloir ..."
La cravache tombe et heurte le sol...
Une punition, 3
Je me redresse lentement, et je me dirige vers le dossier du fauteuil. Je le contourne, et je me penche par dessus le dossier, ce qui m'oblige à me tenir sur la pointe des pieds. Enfin, des mains je tiens les accoudoirs. Mes cheveux tombent en cascade; ils sont encores trempés, et le bruit sourd qu'ils émettent en heurtant le cuir me surprend.
Ils forment une sorte de bouclier, un voile de pudeur qui m'empêche de voir cet homme, qui l'empêchent de voir mon visage. Je devine ses mouvements, ses gestes ... Il vient se placer derrière moi. Je sens son regard, posé sans vergogne sur mon intimité, sur mon indécence, sur ma position sans équivoque.
J'ai toujours aussi froid, et pourtant ... La chaleur commence à naître au plus profond de mes entrailles; attisée par mon esprit qui fait défiler les images, toutes plus indécentes, plus excitantes les unes que les autres. C'est un état que j'apprécie tout particuièrement, car j'ai le sentiment d'être en équilibre sur un fil au-dessus du vide.
Mon estomac se noue, mon ventre quémande ...
Le contact froid de la cravache sur ma hanche me fait sursauter et me tire hors de mes pensées.
"Il est regrettable de devoir ainsi punir une aussi jolie croupe ..."
Ses mots ne calment pas mes sens, bien au contraire; Ils me rappellent le pouvoir. Mon pouvoir. Celui que j'exerce malgré les apparences. Le désir que je fais naître, alors que je lui suis offerte ... Il suffirait de presque rien ! Pour que je puisse le punir plus durement encore, pour le frustrer diaboliquement. Me retourner, reprendre mon imperméable et tourner les talons ... Il lui faudrait alors se poser des questions, se remettre en cause...
"Vous devriez être plus ouverte, pour être dans une quasi perfection ..."
L'extrémité de la cravache flatte l'intérieur de mes cuisses, et m'incite à écarter un peu plus les jambes. Je rougis avec violence, mes joues s'enflamment presque douloureusement ... Mon ventre ne quémande plus. Non. Il se prépare à implorer ...
La langue de cuir vient effleurer mon sexe ...
Une punition, 2
J'essaie de libérer mon esprit, de détendre mes muscles. Combien de temps vais-je attendre ainsi ? Je n'en sais rien, et je ne suis pas sûre de vouloir le savoir. Le froid continue sa lente progression en moi; mes cheveux mouillés coulent dans mon dos. Des gouttes froides qui perlent impitoyablement sur ma peau. Les plus redoutables roulent sur mes flancs, et viennent se perdre sur mon ventre et provoquent de redoutables frissons.
Les plus troublantes roulent le long de mon dos, et viennent se perdre sur mes fesses. Cette attente commence à peser.
"Pourquoi êtes-vous punie ?"
la voix toujours aussi monocorde me rappelle qu'il n'est pas question de jeu; je me sens subitement confuse ... Enoncer clairement cette faute sera un aveu consenti, qui demandera une sanction. Je balbutie les mots, j'hésite ...
"Hé bien, avez-vous perdu votre langue ?"
Le ton se fait plus sec, plus autoritaire.
"Je ... Je n'ai pas respecté une consigne ..."
"Une ?"
J'avais espéré que cela serait passé inaperçu ...
"Non ... Deux"
"Je vous écoute!"
La cravache fend l'air, et passe à proximité de mon épaule; je sursaute.
"La première, je me suis caressée en votre absence, et j'en ai tiré une jouissance importante..."
"Et ?"
"Pour devancer votre colère, j'ai publié des clichés de cette séance, dans l'album de votre blog ..."
"Pourtant vous saviez que je ne voulais pas de votre plaisir avant notre prochain rendez-vous ! Et qu'il vous est interdit de publier des photos sans mon accord ! Non ?"
"Oui, je le savais ... Mais l'attente ..."
"Taisez-vous, insolente ! L'attente était justement le sel de cette consigne ! Allez-vous mettre en position !"
05 avril 2008
Une punition
Je pousse la lourde porte en bois de cette bâtisse. L'orage, l'obscurité et la crainte rendent l'endroit sinistre !
Enfin, j'entre dans le long couloir. Je suis trempée; les trombes d'eau ont eu raison de mon imperméable. J'avance à pas feutrés dans le couloir. Les seuls bruits qui me parviennent sont ma respiration, bruyante, et les talons de mes chaussures, qui percutent le sol dans un bruit presque cristalin.
Je me dirige dans la pièce située tout au bout. Plus je m'en approche, plus mon coeur s'affole. Je pourrais fuir. Rien ne m'oblige à continuer. Mais je ne veux pas. Je ne peux pas le décevoir. Je crois que ce n'est pas la peine d'en rajouter ...
Alors je prends une inspiration et accélère. J'entre dans la vaste pièce, et je suis surprise par la pénombre. La seule lumière vient de la cheminée, où quelques flammes dansent sur un lit de braises ardentes.
Je le cherche du regard, je fronce les yeux comme pour mieux percer la pénombre. En vain. Je m'inquiète. Je me fige, et je tente de me calmer, de laisser mon coeur revenir à un rythme plus normal. Je me concentre, et je finis par entendre sa respiration. Il est donc là. Je scrute l'obscurité, et j'en devine les contours, il est assis dans un fauteuil.
Je fais donc glisser mon imperméable. Je tremble comme une feuille. Je suis transie. La tenue exigée, c'est à dire mes seules chaussures et mon imperméable n'ont en aucun cas suffit à me protéger du froid.
Sa voix me parvient, monocorde, froide également.
"Tu peux te rapprocher de la cheminée."
Cela me rassure un peu. Si je ne suis pas condamnée à rester au centre de la pièce, c'est que la sentence ne sera pas trop lourde. Quelques pas discrets me placent devant la cheminée. Je me retourne pour qu'il puisse me voir. Je m'agenouille sur le sol réchauffé par l'âtre. Heureusement, car je sens tout de même le froid relatif du carelage me transpercer.
Je frissonne, je susrsaute. Mes seins se tendent. Provocation incontrôlée, je sens ma poitrine érigée, et la seule pensée du sort qu'il pourrait lui réserver suffit à entretenir cette tension aussi gênante qu'agréable ...
Je me redresse, pour me tenir bien droite; je joins les mains dans le dos,et je baisse les yeux. Mon coeur se remet à battre la chamade ... Il me demande de redresser la tête. Ma vue s'est habituée à l'obscurité. Je ne peux distinguer son visage, mais je peux assez nettement voir ses jambes croisées, ainsi que la cravache qui tient en équilibre sur son genou.
Je baisse à nouveau les yeux, nul besoin d'insister. Le message est clair. Je n'échapperai pas à la punition ...
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